Pendant des années j’ai été travailler dans des cafés.
Il y avait quelque chose de magique là-dedans. Le bruit des conversations en arrière-plan, la machine à espresso qui sifflait toutes les dix minutes, les gens qui entraient et sortaient avec leur manteau et leur sac.
Mon cerveau embarquait d’une façon qu’il ne faisait pas à la maison. Les projets qui traînaient depuis des jours, je les finissais en une session de deux heures.
J’aimais particulièrement m’accompagner d’un café latte. Je pense que c’était aussi une façon de me donner une raison d’être là.
J’ai fini par arrêter sans trop savoir pourquoi.
Probablement l’achat de la maison, la distance au centre-ville. Peut-être que j’avais simplement arrêté d’y penser. Ces habitudes-là disparaissent parfois sans prévenir.
Reste qu’il me manquait quelque chose.
Pendant longtemps, j’ai mis ça sur le compte de l’ambiance. Le bruit blanc. Le changement de décor. La stimulation visuelle. Je m’étais convaincu que mon cerveau avait besoin de ce type d’environnement pour se mettre en marche, et que travailler de chez soi était juste… moins bien.
Puis est arrivée la Zoom Zone.
La question que j’aurais dû me poser
En construisant la Zone, j’ai dû comprendre pourquoi les sessions fonctionnent. Pourquoi des membres avancent plus en deux heures de co-working que seuls dans leur journée entière. Ce n’est pas de la magie, et ce n’est certainement pas le design de l’interface Zoom.
C’est de la science vieille de soixante ans.
En 1965, le psychologue Robert Zajonc a publié une étude qui allait changer la façon dont on comprend la performance humaine. Sa conclusion était simple et contre-intuitive : la simple présence d’autres personnes, même des inconnus qui ne te regardent pas, même qui font autre chose complètement, améliore les performances sur des tâches connues.
Pas besoin d’interaction. Pas besoin d’encouragement. Pas besoin que quelqu’un te surveille.
Juste la présence.
Zajonc appelait ça la facilitation sociale. Le cerveau humain, câblé pour des millénaires de vie en groupe, réagit à la co-présence comme à un signal : il y a des témoins, il est temps de performer.
Ce n’était pas l’ambiance du café qui me rendait productif.
Ce n’était pas le latte.
C’était le fait que des gens pouvaient me voir en train de travailler.
Une présence floue, périphérique, anonyme. Qui ne me regardait probablement pas. Mais qui était là.
Même si c’est juste dans ta tête
Il y a un détail important dans les travaux de Zajonc, et dans tout ce qui a suivi.
L’effet fonctionne même quand la présence est perçue plutôt que réelle.
Le cerveau ne fait pas toujours la différence entre être observé et croire qu’on pourrait l’être. Le signal déclencheur, c’est la possibilité de la présence. Pas la certitude.
Ce phénomène est au coeur d’une technique aujourd’hui bien documentée : le body doubling.
Le body doubling, c’est le fait de travailler en présence d’une autre personne, physiquement ou virtuellement, sans nécessairement interagir. Étudié d’abord dans le contexte du TDAH, où la présence d’un accompagnateur suffit à réduire la procrastination et augmenter le temps passé sur une tâche, le body doubling s’est révélé utile bien au-delà d’un diagnostic particulier.
Ton cerveau veut un témoin. Peu importe qui. Peu importe où.
Et l’écran dans tout ça
La question évidente : est-ce que ça fonctionne par écran?
Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique se la sont posée.
Leur réponse : oui. La présence virtuelle active les mêmes mécanismes que la présence physique. L’effet Zajonc ne requiert pas que les gens soient dans la même pièce.
C’est ce que j’ai compris intuitivement en construisant la Zoom Zone.
Ce que je cherchais dans les cafés de mon quartier, je peux l’avoir depuis mon bureau, avec du meilleur café, sans quitter la maison, et avec des gens qui, eux, font exactement la même chose que moi.
Le solopreneur qui va au café ne manque pas de café. Il manque de quelqu’un qui est là pendant qu’il travaille.
Si tu reconnais quelque chose là-dedans, viens essayer une session. Les prochaines sont ici.
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Jean-Marc
(guide de session et fondateur)
Jean-Marc Lagacé est guide de session et fondateur de La Zoom Zone, une communauté de co-working virtuel pour solopreneurs québécois. Entrepreneur, il creuse la science derrière la performance humaine et l’applique à ses projets, dont Gertrude, une adjointe numérique pour les équipes de vente.